Le reconditionné s'est installé dans les habitudes d'achat des Français, au point que 47 % d'entre eux déclarent avoir déjà acheté un produit de ce type, selon une étude NielsenIQ-GfK publiée en 2025. Les smartphones constituent le principal moteur de ce marché, devant des catégories encore moins développées comme les ordinateurs, les tablettes ou l'électroménager. En 2025, 3,2 millions de téléphones reconditionnés ont été vendus dans l'Hexagone, soit une progression de 10,3 % sur un an, selon le bilan annuel du Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC).

Le mouvement ne faiblit pas. Sur les six premiers mois de 2026, les ventes françaises de smartphones reconditionnés ont progressé de 18 % en volume, atteignant 1,26 million d'appareils et 503 millions d'euros de chiffre d'affaires, d'après les données NielsenIQ publiées par le syndicat professionnel Secimavi. Le téléphone de seconde main séduit particulièrement les jeunes : selon le baromètre Recommerce-Kantar 2026, la moitié des Français ont déjà acheté un smartphone d'occasion, une catégorie qui inclut les appareils reconditionnés et ceux achetés directement auprès de particuliers.

Back Market, Recommerce et CertiDeal à la conquête du marché

L'essor de cette consommation a favorisé l'émergence de plusieurs modèles économiques. Back Market s'est imposé comme une place de marché mettant en relation les acheteurs et des reconditionneurs professionnels, tandis que Recommerce développe notamment la reprise, la remise en état et la revente de téléphones en partenariat avec les distributeurs et les opérateurs. CertiDeal, de son côté, met en avant un reconditionnement contrôlé en interne et une garantie commerciale de 30 mois.

Les fabricants et les enseignes traditionnelles participent également à cette évolution, qui dépasse désormais les smartphones. Ordinateurs portables, montres connectées, consoles de jeux, tablettes et appareils électroménagers composent une offre de plus en plus diversifiée. Le téléphone reste néanmoins la catégorie la plus mature : selon NielsenIQ-GfK, 47 % des Français ont déjà acheté un produit reconditionné, mais le smartphone reconditionné ne représentait encore que 5 % des ventes de son univers dans les circuits mesurés par l'institut en 2024.

Derrière les grades, des garanties différentes

La multiplication des offres oblige toutefois les consommateurs à examiner les engagements des vendeurs. Chez Back Market, les grades « État correct », « Très bon état », « Parfait état » et « Premium » distinguent principalement l'apparence des appareils. La plateforme affirme que ceux-ci sont « fonctionnels à 100 % », quel que soit leur état esthétique. Elle impose une batterie conservant au moins 85 % de sa capacité d'origine pour les appareils standard, contre 90 % pour les modèles Premium.

Les exigences ne sont pas identiques chez CertiDeal, qui annonce une batterie disposant d'au moins 80 % de sa capacité initiale pour les appareils classés « Correct », « Très bon état » ou « Parfait état », et 85 % pour les modèles Premium. L'entreprise revendique également 32 points de contrôle et une garantie commerciale de 30 mois. Ces différences montrent que deux téléphones affichés dans un état comparable peuvent présenter des niveaux d'usure distincts.

Pour les professionnels, la confiance constitue désormais un enjeu commercial aussi important que le prix. Dans le baromètre Recommerce-Kantar 2026, 71 % des répondants déclarent vouloir connaître précisément l'identité du reconditionneur et 63 % souhaitent une labellisation indépendante. « Le prochain défi n'est plus de convaincre de l'intérêt du reconditionné mais d'accompagner cette maturité », estime Augustin Becquet, directeur général de Recommerce, qui mise notamment sur le développement de la reprise des anciens appareils.