Avec un gazole vendu en moyenne 2,36 euros le litre en début de semaine, les automobilistes qui utilisent quotidiennement leur voiture pour travailler continuent de subir de plein fouet la hausse des prix des carburants. Le gouvernement vient d'élargir son dispositif d'aide aux « grands rouleurs », dont le guichet a rouvert mardi 27 octobre. Désormais, 5,5 millions de Français sont susceptibles de percevoir une indemnité de 100 euros, contre trois millions jusqu'à présent.
Créée au printemps pour amortir les conséquences du conflit au Moyen-Orient sur les prix à la pompe, cette aide avait été versée à 1,6 million de personnes entre avril et septembre. Le décret du 15 octobre en prolonge le principe jusqu'à la fin de l'année, avec une modification majeure : le relèvement du plafond de revenus, qui permet à 2,5 millions de travailleurs supplémentaires d'entrer dans le dispositif. Pour Bercy, les 100 euros versés sur trois mois correspondent à une compensation théorique de 40 centimes par litre consommé, deux fois plus que sur la période précédente.
Le plafond relevé à 22 770 euros par part fiscale
Jusqu'à présent réservé aux foyers dont le revenu fiscal de référence ne dépassait pas 16 880 euros par part, le dispositif s'étend désormais jusqu'à 22 770 euros. Selon les calculs de l'administration fiscale, une personne seule percevant jusqu'à environ 2 050 euros nets mensuels peut ainsi y prétendre, contre 1 508 euros auparavant. Pour un couple sans enfant, le seuil indicatif atteint 4 070 euros, et grimpe à 6 100 euros pour un couple avec deux enfants.
Ces montants restent toutefois indicatifs. L'administration se fonde sur le revenu fiscal de référence de 2024, figurant sur l'avis d'imposition reçu en 2025, et non sur le salaire effectivement perçu cette année. Les personnes ayant connu une baisse récente de leurs revenus ne sont donc pas nécessairement éligibles.
Salariés, artisans, commerçants, agriculteurs et professions indépendantes peuvent bénéficier de l'indemnité, à condition d'avoir déclaré des revenus d'activité en 2024. Les retraités sans activité et les personnes percevant uniquement des allocations chômage en sont exclus, tout comme les foyers redevables de l'impôt sur la fortune immobilière.
Trente kilomètres aller-retour pour bénéficier de l'aide
Le niveau de revenus ne suffit cependant pas. Pour être considéré comme un « grand rouleur », il faut effectuer au moins 15 kilomètres par trajet entre son domicile et son lieu de travail, soit 30 kilomètres aller-retour, ou parcourir au moins 8 000 kilomètres annuels dans le cadre de son activité professionnelle. Les trajets domicile-travail entrent dans ce second calcul.
Les voitures diesel et essence, les deux-roues motorisés ainsi que les véhicules hybrides non rechargeables sont concernés. En revanche, les véhicules électriques, les hybrides rechargeables et les voitures de fonction bénéficiant d'une prise en charge spécifique de l'employeur sont exclus. Il n'est pas nécessaire d'être propriétaire du véhicule : certaines voitures louées ou prêtées ouvrent également droit à l'indemnité.
Le montant est fixé à 100 euros, quels que soient le carburant utilisé et les kilomètres parcourus au-delà des seuils exigés. Un même véhicule ne peut donner lieu qu'à un seul versement pour la période d'octobre à décembre, mais deux membres d'un foyer utilisant chacun leur propre voiture peuvent prétendre à deux indemnités distinctes.
Les demandes ouvertes jusqu'au 31 décembre
Les 1,6 million d'automobilistes ayant déjà obtenu l'aide au printemps n'ont aucune nouvelle démarche à entreprendre. L'administration fiscale a procédé à un second versement automatique de 100 euros à compter du 16 octobre.
Pour les nouveaux bénéficiaires, la demande doit être effectuée sur impots.gouv.fr, à partir d'un simulateur permettant de vérifier les conditions d'éligibilité. Le formulaire nécessite notamment le numéro fiscal, l'immatriculation du véhicule et les références de sa carte grise. Le versement est annoncé sous dix jours après le dépôt du dossier.
Le guichet restera ouvert jusqu'au 31 décembre. Les automobilistes qui n'avaient pas sollicité l'indemnité au cours de la première période ne pourront prétendre qu'aux 100 euros prévus pour le dernier trimestre, le précédent dispositif ayant définitivement fermé ses portes le 30 septembre.





