Les performances d’Orange racontent désormais deux histoires. La première se joue en Afrique et au Moyen-Orient, où les revenus ont encore bondi de 14,2 % au troisième trimestre. La seconde concerne les activités plus matures, notamment en France, où le chiffre d’affaires ne progresse que de 0,5 %. Ce contraste n’empêche pas l’opérateur de relever ses prévisions annuelles : sa rentabilité opérationnelle augmente plus vite que ses ventes.
Le groupe dirigé par Christel Heydemann a publié mardi 27 octobre un chiffre d’affaires trimestriel de 12,2 milliards d’euros, en progression de 3,6 % à base comparable. Son EBITDAaL, résultat opérationnel avant amortissements et après prise en compte des loyers, gagne 4,6 % à 4,1 milliards. Après une croissance de 4,8 % sur les neuf premiers mois, Orange vise désormais une hausse de cet indicateur supérieure à 4,5 % sur l’ensemble de 2026, contre plus de 4 % auparavant.
Le moteur africain compense la faible croissance française
Avec 2,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires sur le trimestre, l’Afrique et le Moyen-Orient constituent la zone la plus dynamique du portefeuille. Les services de détail y progressent de 15,2 %, selon les résultats publiés par le groupe. Les six marchés européens rassemblés dans le périmètre Europe 6, dont la Pologne et la Belgique, affichent une croissance de 5,3 %. En Espagne, l’activité gagne 3,5 %. Orange peut ainsi s’appuyer sur des marchés aux rythmes très différents pour soutenir la croissance consolidée.
La France, elle, pèse toujours lourd avec 4,36 milliards d’euros de revenus trimestriels, mais son activité reste peu porteuse. Les services mobiles vendus seuls reculent de 3 %, les services fixes seuls de 0,8 % et les services aux autres opérateurs de 4,1 %. La hausse des ventes d’équipements, de 16,1 %, contribue à compenser ces replis. Orange met parallèlement en avant de bonnes performances commerciales sur les abonnements, sans que celles-ci se traduisent pour l’instant par une accélération comparable du chiffre d’affaires.
Autre point faible, Orange Business : ses revenus diminuent de 2,5 % à base comparable, à 1,72 milliard d’euros. Le groupe valorise la progression de ses activités de cybersécurité et de cloud, mais elles ne suffisent pas, à ce stade, à inverser l’évolution de l’ensemble de la division dédiée aux entreprises. Dans ses résultats, la direction souligne également les effets de son programme d’économies, qui contribuent à améliorer la rentabilité.
La rentabilité progresse aussi grâce à une discipline d’investissement
Les dépenses d’investissement économique reculent de 2,5 % sur le trimestre, à 1,7 milliard d’euros. Leur poids atteint 14,8 % du chiffre d’affaires sur les neuf premiers mois, proche de l’objectif annuel de 15 %. Dans le même temps, le flux de trésorerie opérationnel, calculé par Orange comme l’EBITDAaL diminué de ces investissements, progresse de 8,8 % depuis janvier. La croissance du résultat ne repose donc pas uniquement sur la hausse des revenus.
Christel Heydemann maintient l’objectif d’environ 4,3 milliards d’euros de trésorerie organique pour 2026. Le groupe prévoit un dividende de 0,79 euro par action au titre de l’exercice, sous réserve de l’approbation des actionnaires. La publication des résultats annuels est prévue le 18 février 2027, après le versement d’un acompte sur dividende de 0,30 euro annoncé pour le 3 décembre 2026.






