Un mois après la mort de Quentin Deranque à Lyon, l’affaire continue de secouer la classe politique. Des révélations publiées par Mediapart, issues de l’analyse de plusieurs comptes X attribués au jeune homme, décrivent un profil marqué par des positions ouvertement racistes, antisémites et revendiquant une proximité avec le fascisme.
Ces publications, rédigées entre 2022 et 2025 sous plusieurs pseudonymes, contiennent des messages appelant à la violence, des propos xénophobes et des références favorables à Adolf Hitler. Le site d’investigation évoque également la participation du jeune homme à des entraînements avec des militants d’ultradroite.
Ces éléments ravivent la polémique autour de la minute de silence organisée le 17 février à l’Assemblée nationale, quelques jours après sa mort.
Une minute de silence qui divise la classe politique
Le jour de l’hommage, la quasi-totalité des députés présents s’étaient levés pour honorer la mémoire du jeune homme, tué lors d’un affrontement à Lyon avec des militants présentés comme proches du collectif antifasciste La Jeune Garde.
La minute de silence avait été demandée par Éric Ciotti et validée par la conférence des présidents de l’Assemblée nationale sans opposition formelle des groupes politiques. Mais les révélations de Mediapart relancent aujourd’hui les critiques.
Plusieurs députés de La France insoumise dénoncent désormais cet hommage. « L’Assemblée et le Sénat ont donc bien organisé une minute de silence pour un nazi », a ainsi écrit la députée Alma Dufour sur le réseau social X.
Sa collègue Gabrielle Cathala a également interrogé les parlementaires qui avaient soutenu l’hommage : « Celles et ceux qui ont soutenu la minute de silence à l’Assemblée nationale ont-ils des remords ? »
Braun-Pivet dit son « horreur » mais défend la décision
Face à la controverse, l’entourage de Yaël Braun-Pivet assure que la présidente de l’Assemblée nationale est « horrifiée » par les propos attribués à Quentin Deranque.
Mais il n’est pas question pour autant de remettre en cause la minute de silence. Selon son entourage, la décision avait été prise dans « un contexte de grand émoi » après la mort violente du jeune homme.
« La minute de silence a été adoptée à l’unanimité par la conférence des présidents, sur proposition d’Éric Ciotti, et sans aucune objection », souligne l’équipe de la présidente de l’Assemblée.
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Elle insiste également sur la distinction entre la victime et ses opinions : « Rendre hommage à un jeune homme tué de manière violente ne signifie en aucun cas approuver les propos ou les méthodes qu’il aurait pu défendre. »
Une affaire devenue symbole de la bataille politique
La mort de Quentin Deranque, le 14 février à Lyon, s’est rapidement transformée en affaire politique nationale. L’extrême droite y voit la preuve d’une violence politique venant de l’ultragauche, tandis que la gauche radicale accuse ses adversaires d’avoir tenté de transformer la victime en symbole.
Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a réagi aux révélations en rappelant que « le débat politique ne devrait jamais conduire à la mort de quiconque ». Mais il a également dénoncé la récupération politique de l’affaire : « Que la droite et l’extrême droite aient cherché à transformer en héros un jeune néonazi, raciste et antisémite est une honte. »


