Depuis la désignation de Mojtaba Khamenei à la tête de la République islamique le 8 mars, une série de révélations venues des États-Unis agite les cercles diplomatiques et sécuritaires. Selon plusieurs médias américains, des éléments présentés comme « solides » par des responsables du renseignement évoqueraient l’homosexualité du nouveau Guide suprême.
Ces informations, relayées notamment par le New York Post, auraient été transmises à Donald Trump. D’après ces mêmes sources, le président américain aurait réagi en riant, dans un contexte de confrontation directe avec l’Iran depuis le 28 février. Aucune preuve n’a toutefois été rendue publique à ce stade, et ces affirmations restent invérifiables.
Des renseignements « solides » ou une séquence politique ?
Dans l’entourage du pouvoir américain, plusieurs sources anonymes affirment que ces éléments reposeraient sur des informations anciennes, issues à la fois de câbles diplomatiques et de témoignages internes au régime iranien. L’une d’elles évoque des relations passées du dirigeant iranien, ainsi que des soupçons anciens au sein même du cercle familial.
Mais pour de nombreux observateurs, le calendrier de ces révélations soulève des doutes. « Le fait que ces informations émergent précisément maintenant, alors que les États-Unis sont engagés militairement contre l’Iran, n’est évidemment pas neutre », analyse un expert des questions de défense.
Au sein même des États-Unis, certaines voix s’interrogent sur une possible instrumentalisation. L’objectif serait double : fragiliser l’image du nouveau dirigeant iranien et alimenter les divisions internes d’un régime en transition.
Un angle d’attaque particulièrement sensible
Dans la République islamique, l’homosexualité est criminalisée et peut être punie de lourdes sanctions. Toute rumeur en ce sens concernant une figure du pouvoir constitue donc une menace directe pour sa légitimité, notamment auprès des factions les plus conservatrices.
Selon plusieurs médias américains, ces soupçons circuleraient depuis des années dans certaines sphères du pouvoir iranien. Ils auraient été utilisés, en interne, pour contester la montée en puissance de Mojtaba Khamenei après la mort d’Ebrahim Raïssi en 2024, puis celle d’Ali Khamenei fin février 2026.
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Des éléments plus anciens sont également remis en avant, notamment un document diplomatique américain révélé par WikiLeaks en 2008, évoquant une prise en charge médicale au Royaume-Uni pour des troubles de nature sexuelle. Là encore, ces informations n’ont jamais été confirmées.
Une guerre qui se joue aussi sur le terrain de l’image
La diffusion de ces allégations intervient alors que Mojtaba Khamenei n’a pas encore effectué de véritable apparition publique depuis sa nomination. Cette absence alimente déjà de nombreuses spéculations, auxquelles viennent désormais s’ajouter ces révélations.
Dans ce contexte, la bataille de l’information devient un levier stratégique à part entière. « On est typiquement dans une logique de guerre psychologique », estime un analyste. « Il s’agit moins de prouver que de semer le doute, à l’intérieur comme à l’extérieur. »
Donald Trump, qui a déjà qualifié le nouveau Guide suprême de « faible », s’inscrit dans cette ligne offensive. Mais en l’absence de confirmation indépendante, ces accusations illustrent surtout la difficulté à démêler information, rumeur et stratégie dans un conflit où la communication est devenue une arme à part entière.


