À la veille d’une nouvelle journée de mobilisation sociale, le ministère de l’Intérieur reconduit un dispositif de sécurité massif. Ce jeudi 5 novembre, 70 000 policiers et gendarmes doivent être déployés dans toute la France pour encadrer plus de 220 actions annoncées, principalement à l’appel des syndicats. Après les violences d’octobre, Laurent Nuñez veut prévenir de nouveaux affrontements.
Le ministre a fixé mercredi, place Beauvau, la ligne donnée aux forces de l’ordre : « On ne tolérera pas de débordements et il y aura des interpellations. » Les syndicats, eux, appellent à manifester pour les salaires, le pouvoir d’achat et la défense des services publics, après plusieurs semaines de contestation.
Blindés, drones et unités d’intervention mobilisés
« C’est exactement le même que celui du 31 octobre », a précisé Laurent Nuñez à propos du dispositif policier. Outre les effectifs locaux, 110 unités de forces mobiles doivent être engagées. S’ajoutent 26 blindés, une quinzaine de lanceurs d’eau, des hélicoptères et des drones. Le RAID, la BRI et le GIGN figurent parmi les moyens spécialisés susceptibles d’être mobilisés.
Les contrôles seront renforcés en amont, notamment dans les gares et sur les grands axes. Le dispositif devra sécuriser les manifestations et permettre des interventions rapides. Les 24 et 31 octobre, 70 000 agents avaient déjà été mobilisés.
La crainte de cortèges sauvages et de nouvelles dégradations
Les services de renseignement signalent, selon Laurent Nuñez, « un intérêt assez soutenu de la mouvance d’ultragauche » pour la journée de jeudi. Le ministre redoute la constitution de groupes violents au sein des défilés, mais aussi des rassemblements non déclarés susceptibles de se diriger vers des bâtiments publics. Pillages de commerces et dégradations font également partie des scénarios envisagés.
Cette appréciation du risque ne concerne pas l’ensemble des manifestants. Laurent Nuñez souligne au contraire que des accords sur les parcours ont été conclus « dans la quasi-totalité des villes ». Il présente la protection du droit de manifester pacifiquement comme la première mission des forces de sécurité, tout en promettant « une réponse d’une extrême fermeté » à ceux qui commettraient des violences.
À Paris, la justice tranche en faveur de la préfecture
Dans la capitale, la question du maintien de l’ordre s’est doublée d’un bras de fer sur le trajet du cortège. L’intersyndicale souhaitait défiler de Bastille à Concorde, à proximité de plusieurs lieux de pouvoir. La préfecture de police a interdit cet itinéraire et autorisé un parcours de République à Nation, jugeant le premier trop risqué.
Saisi par les organisations syndicales, le tribunal administratif de Paris a validé mercredi soir la proposition préfectorale. Selon la décision rapportée par l’AFP, la proposition d’un itinéraire alternatif « n’est ni inadaptée ni disproportionnée ». Les syndicats dénoncent de leur côté des restrictions qui éloignent les cortèges des centres de décision. À Paris, le départ de la manifestation est prévu à 14 heures, place de la République.





