Dans la salle d’audience, les mots des enquêteurs traduisent encore la sidération. « Ce dossier nous a marqués », confie l’un d’eux. Derrière la technicité de la procédure, c’est une personnalité qui continue de dérouter. Lucas Larivée, jugé pour le viol et le meurtre de Justine Vayrac en octobre 2022, apparaît tour à tour calme, froid, puis acculé.
Le jour de sa première audition, alors que les recherches pour retrouver la jeune femme s’intensifient, son attitude frappe immédiatement. « On a une maman en totale détresse, et lui, totalement détaché », raconte une policière. Un contraste qui intrigue d’emblée les enquêteurs, alors que le jeune homme est le dernier à avoir vu la victime vivante.
Un suspect aux visages multiples
Très vite, les auditions révèlent un comportement déroutant. Lucas Larivée livre plusieurs versions des faits, modifie ses déclarations, ajuste son récit. Les enquêteurs parlent d’un véritable « caméléon », capable de s’adapter aux éléments qu’on lui oppose.
Cette capacité à changer de posture complique le travail des policiers. Pendant plusieurs heures, il nie toute implication, maintenant une ligne de défense fragile mais constante. « Sa résistance nous a surpris », explique un enquêteur à la barre.
En toile de fond, son profil interpelle. Déjà impliqué dans une affaire d’incendie volontaire, sur fond de conflit personnel, il présente des antécédents qui nourrissent les interrogations sur sa personnalité et son rapport à la violence.
Une garde à vue décisive
C’est au terme d’une garde à vue prolongée que le basculement intervient. Face aux incohérences et à la pression des éléments accumulés, Lucas Larivée finit par reconnaître les faits. Il avoue avoir tué Justine Vayrac, avant d’indiquer aux enquêteurs l’endroit où il a dissimulé le corps.
Ces aveux mettent fin à plusieurs jours de recherches intenses, mobilisant forces de l’ordre et habitants de la région. La disparition de la jeune mère de famille, âgée de 20 ans, avait suscité une vive émotion en Corrèze et au-delà.
Mais même après ses aveux, des zones d’ombre subsistent. Les circonstances précises du passage à l’acte, le déroulé exact de la nuit, ou encore la personnalité profonde de l’accusé continuent d’alimenter les débats à l’audience.
Un procès sous tension
Depuis l’ouverture du procès, les témoignages se succèdent pour tenter de cerner Lucas Larivée. Les enquêteurs, en première ligne, décrivent un individu difficile à lire, capable d’alterner entre maîtrise apparente et effondrement.
Au cœur des débats, une question persiste : comment un jeune homme apparemment ordinaire a-t-il pu basculer dans une telle violence ? Pour les proches de Justine Vayrac, présents à l’audience, l’enjeu dépasse la seule compréhension des faits. Il s’agit aussi de faire émerger une vérité judiciaire, à la hauteur du drame.
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Le procès doit encore revenir en détail sur le déroulé des faits et les expertises psychologiques de l’accusé, éléments clés pour éclairer une affaire qui, près de quatre ans après, continue de marquer durablement les esprits.


