« Son rire s’est tu » : les proches de Nathalie Baye racontent la maladie et les derniers mois de l’actrice

Au lendemain de la mort de Nathalie Baye, plusieurs figures du cinéma et de la télévision évoquent une actrice affaiblie par la maladie, dont la personnalité joyeuse s’était progressivement effacée.

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Nathalie Baye au festival de Cannes, en 2019, pour la présentation de « Juste la fin du monde ». (©LOIC VENANCE/AFP)

Depuis l’annonce de la disparition de Nathalie Baye, vendredi à l’âge de 77 ans, les témoignages se multiplient pour évoquer ses derniers mois. Tous décrivent une lente dégradation liée à la maladie à corps de Lewy, pathologie neurodégénérative dont elle souffrait, et insistent sur le contraste avec celle qu’elle avait été pendant des décennies.

Parmi les premiers à prendre la parole, Michel Drucker a évoqué une relation ancienne, remontant au tournage de La Nuit américaine de François Truffaut. Invité sur CNews puis sur Europe 1, il raconte avoir perçu les premiers signes de la maladie « il y a 4 ou 5 ans », notamment lors de répétitions au théâtre où l’actrice rencontrait des difficultés à lire son texte.

« Très fatiguée » : les signes d’une dégradation progressive

Le présentateur confie ne pas avoir été surpris par l’annonce de sa mort, évoquant une fatigue croissante ces derniers mois. « J’ai revu Nathalie il n’y a pas longtemps dans un dîner et elle était très fatiguée déjà. J’ai beaucoup de chagrin pour elle, pour son entourage », a-t-il déclaré.

Au fil de ses interventions, Michel Drucker a également relayé les confidences de Dominique Besnehard, proche de longue date de l’actrice et parrain de sa fille Laura Smet. « Je savais qu’elle était très souffrante, qu’elle avait des problèmes neurologiques », explique-t-il, insistant sur l’accompagnement de sa fille dans les derniers moments. « Elle a été d’un courage exemplaire avec sa mère ces derniers jours », rapporte-t-il, citant les propos confiés à Paris Match.

« Une ombre » sur une personnalité joyeuse

D’autres témoignages viennent compléter ce portrait des dernières années de l’actrice. La réalisatrice Nicole Garcia, qui l’avait dirigée à plusieurs reprises, évoque une transformation progressive liée à la maladie.

« Elle aimait rire. Elle cherchait beaucoup à s’amuser », rappelle-t-elle, décrivant une femme « très gaie », attachée aux moments de convivialité. Mais la pathologie a progressivement altéré cette facette. « Cette maladie neurodégénérative a mis une ombre sur elle et là il n’était plus question de rires et de plaisanteries », explique-t-elle à Franceinfo.

Dans un entretien accordé à Paris Match, Nicole Garcia insiste sur ce basculement, qu’elle situe sur les deux à trois dernières années. « C’est pour ça que l’ombre qui est tombée sur elle […] était déchirante, parce qu’elle a arrêté de rire », confie-t-elle. « Alors que tout ce qu’elle aimait, c’était rire… »

Le souvenir d’une femme entourée

Au-delà de la maladie, les proches évoquent aussi les dernières années d’une actrice entourée, notamment par sa fille. Les souvenirs partagés oscillent entre images de vitalité passée et récit d’un effacement progressif, marqué par la perte de cette légèreté qui faisait partie de son identité.

Les témoignages insistent ainsi sur une personnalité profondément attachée aux moments simples, aux amis, aux grandes tablées et aux plaisanteries, autant d’éléments que la maladie a progressivement fait disparaître, laissant place à une période décrite comme particulièrement éprouvante pour son entourage.

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