Après trois semaines de contestation dans les lycées, le gouvernement tente de reprendre la main. Invité jeudi soir du journal de 20 heures de TF1, Édouard Geffray a présenté une première série de mesures d’urgence destinées à répondre au manque d’enseignants, l’une des principales revendications des élèves mobilisés. Une réponse qui intervient après une nouvelle journée de manifestations ayant rassemblé 71 500 personnes en France, dont 24 500 à Paris, selon le ministère de l’Intérieur.
3 000 enseignants mobilisés d’ici mardi
Le ministère a identifié 514 établissements particulièrement en difficulté, dont 114 classés « rouges » et 400 « orange ». Pour y remédier, 3 000 professeurs remplaçants, actuellement sans élèves en raison de difficultés d’affectation, doivent rejoindre les lycées concernés entre vendredi et mardi.
Les recteurs pourront également dépasser leurs plafonds habituels de recrutement afin d’embaucher plusieurs centaines d’enseignants supplémentaires. Le ministre entend parallèlement renforcer les remplacements de courte durée, en proposant aux chefs d’établissement de mobiliser des professeurs volontaires rémunérés en heures supplémentaires.
L’ensemble représenterait « plusieurs dizaines de millions » d’euros, selon Édouard Geffray. Mais l’essentiel des arbitrages reste suspendu au budget 2027, actuellement en préparation. Le ministre assure aussi avoir recueilli 66 000 contributions de lycéens sur la plateforme de dialogue ouverte par le gouvernement, avec la promesse d’examiner les difficultés établissement par établissement.
Des syndicats sceptiques sur les moyens
Les organisations syndicales doutent toutefois de la capacité du gouvernement à répondre durablement aux besoins. « Pour avoir des remplacements, il faut des remplaçants », a réagi Sophie Vénétitay, secrétaire générale du SNES-FSU, avant les annonces du soir. La responsable syndicale redoute notamment de simples redéploiements d’enseignants entre classes, sans création de moyens pérennes.
La question budgétaire cristallise les critiques. Le SNEP-FSU dénonce les 1 588 suppressions de postes d’enseignants prévues pour la rentrée 2027, difficilement conciliables, selon lui, avec les promesses d’amélioration du service public. L’intersyndicale réunissant notamment la FSU, l’UNSA, FO, la CFDT, la CGT et SUD réclame une révision du budget et un investissement plus important dans l’éducation.
Une nouvelle mobilisation mardi
Les annonces ne répondent pas non plus à toutes les revendications des lycéens. Les organisations mobilisées demandent notamment la suppression de Parcoursup, davantage de places dans l’enseignement supérieur et un vaste programme de rénovation des établissements. À l’issue de leur rencontre avec les ministres jeudi, l’Union syndicale lycéenne et le mouvement Les Lycéens ! ont jugé les réponses insuffisantes, tandis que Renouveau lycéen a salué certaines avancées.
Une nouvelle journée de mobilisation est appelée mardi 13 octobre. Le gouvernement dispose désormais de quelques jours pour concrétiser les affectations promises. Un premier test pour Édouard Geffray, alors que les syndicats attendent surtout de connaître les moyens qui seront inscrits au budget 2027.






